Patrick Maurin en est à sa troisième marche de ce genre pour sensibiliser les agriculteurs• Crédits : Lise Verbeke - Radio France

France Culture / Suicide des agriculteurs : un élu marche pour sensibiliser à ce tabou

Dans la presse

France Culture / 19-02-2019 / Le Reportage de la rédaction par Lise Verbeke

Patrick Maurin est conseiller municipal de Marmande (Lot-et-Garonne). Le 10 février, il est parti du Touquet pour rejoindre la Porte de Versailles et le Salon de l’agriculture qui débute samedi prochain. Une nouvelle marche pour alerter sur un sujet encore tabou : le suicide des agriculteurs.

C’est la troisième fois que Patrick Maurin entame ce type de périple. Cette fois, la marche sera de 250km entre Le Touquet et Paris. En septembre dernier, il avait parcouru 540km entre le Lot-et-Garonne et le Morbihan avec en tête, le même objectif : alerter sur la question du suicide des agriculteurs. Lors de sa marche, il recueille les doléances des professionnels qu’il rencontre. Il compte les remettre à Emmanuel Macron lors de l’inauguration du Salon de l’agriculture.

L’origine intime de la démarche

A l’origine de cette marche, un souvenir très personnel de Patrick Maurin : “Mon meilleur ami s’est suicidé il y a une dizaine d’années. Ça m’a mis la puce à l’oreille. Plus largement dans le secteur, il y a une dizaine de personnes qui ont mis fin à leur jour. Je me suis aperçu qu’il y avait un réel problème.” L’élu constate le manque de considération pour les agriculteurs, leur solitude aussi : “Il faut que les paysans soient mieux considérés. Il est temps notamment de dire aux Français : acheter français en premier, aidons nos paysans !”

Les langues mettent du temps à se délier

Lors d’une réunion à Thieulloy l’Abbaye, Patrick Maurin rencontre une dizaine d’agriculteurs avec lesquels il évoque le sujet. Une discussion s’entame mais les langues mettent du temps à se délier. Les agriculteurs évoquent d’abord leurs difficultés financières, les charges qui pèsent, les dettes qui les étranglent. Certains confient vivre avec 800 euros par mois. D’autres s’insurgent contre ce qu’ils appellent “l’agri-bashing”. “On nous prend pour des pollueurs. Moi, le glyphosate, j’en répands sur mes champs, en respectant les normes. Mais je ne suis pas stupide, je le fais bien avant les récoltes. On nous accuse de tous les maux, alors que notre métier est de nourrir les gens. Sans nous, personne ne mange”, s’exclame un jeune paysan qui habite le village. 

Lire la suite sur France Culture

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply