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Cartographie des suicides agricoles

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Mettre en place un tel outil ne se fait pas sans peine.
Cette peine que l’on peut ressentir lorsque l’on perd un proche, un ami, une connaissance, alors que celui qui part… le fait sans laisser de mot pour expliquer son geste.
Lorsque j’ai rencontré au mois de mars dernier le président de la MSA, les chiffres officiels alors communiqués ne faisaient état que d’un suicide d’agriculteur tous les 2 jours.
Avant cette entrevue, j’avais accompli durant les six derniers mois deux marches citoyennes.
J’ai parcouru tant de kilomètres pour alerter sur les difficultés d’une France rurale aux abois.
Je déplorais alors que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. J’insistais en affirmant qu’un agriculteur se suicidait chaque jour dans notre pays.
Ce message, pourtant aussi simple que percutant, ne semble pas encore avoir été suffisamment compris.
Il a certes été entendu, j’ai eu jusqu’à l’écoute du Président de la République, mais je regrette qu’aujourd’hui rien ne bouge encore suffisamment vite pour y remédier.
Face à cette hécatombe silencieuse, la seule réponse des pouvoirs publics est une certaine reconnaissance des insuffisances de la loi EGALIM…
Mais depuis quelques semaines, la presse s’est emparée à nouveau du sujet du suicide agricole. Dans un premier temps avec la sortie du film d’Edouard Bergeon, Guillaume Canet y interprétant un rôle au destin dramatique.
Tout aussi tragique est l’histoire que raconte dans les médias Camille Beaurain, veuve à 24 ans, après le geste fatal de son mari, pendu dans sa ferme à 31 ans.
Enfin, la MSA s’est décidé à actualiser ses statistiques et communique désormais sur le nombre de 372 suicides pour l’année 2015, soit plus d’un par jour.
Pire encore… en ne tenant compte que des seuls chefs d’exploitations (en rajoutant les salariés, on tombe sur le chiffre astronomique de 605 décès par suicide  sur l’année…)
C’est pour illustrer cette calamité que je propose aujourd’hui cette carte qui se veut collaborative. Avec cette volonté de la présenter quasiment vierge, telle qu’elle devrait être dans un monde qui respecte ceux qui ont contribué à nourrir un pays décimé après chaque guerre…
Crée pour alerter et provoquer une véritable prise de conscience, elle ne sera efficace qu’avec la contribution de chacun. Elle sera alors la plus fidèle possible à la réalité d’une France agricole qui,  en plus du fléau du suicide agricole,  est confrontée aujourd’hui au phénomène de l’agribashing. Ce même pays qui enregistre chaque semaine la disparition de 200 exploitations professionnelles, faute d’avoir trouvé un successeur ou un nouvel exploitant….
Que vous soyez de la famille, un ami, une relation, je vous remercie de nous aider à alimenter cette carte en nous signalant la perte d’un proche, toute aussi douloureuse soit cette démarche…
Un prénom, un lieu, un age et l’année du drame qui nous touche tous suffisent…

Patrick Maurin

Consulter la carte

Dans les coulisses d’un reportage

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J’ai participé ce matin à la réalisation d’un reportage pour France 3 Nouvelle Aquitaine sur le mal être agricole.
Laurent Goudelin , Marc et Benoît ont eu l’occasion d’apporter leurs témoignages sur ce sujet encore trop d’actualité.
Rendez-vous le 3 octobre à partir de 19 heures pour découvrir le quotidien et les difficultés de ces courageux agriculteurs.
#jecontinue

Vote du CETA, mon mécontentement…

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Avec son vote pour l’adoption du CETA, la seule constance dans l’activité du député de ma circonscription apparaît être son attachement viscéral à accepter tous les textes proposés par la majorité à laquelle nous savons qu’il doit son élection.

Ses électeurs en revanche en souhaiteraient beaucoup plus de sa part…

De la constance dans le présentiel sur ce territoire qu’il proclame haut et fort défendre, alors que chacun s’accorde à lui donner ce qualificatif si peu glorieux de député fantôme…

De la constance également dans le maintien en poste de ces collaborateurs… Après tout, ne figure t’il pas parmi les représentants de la nation qui ont consommé le plus d’attachés parlementaire ? que ce soit en local qu’en soutien direct à l’Assemblée nationale…

Il se dit être le défenseur d’une agriculture d’excellence… A t’il été au contact de tous ses producteurs en difficulté lors de la préparation de son rapport pour une agriculture durable pour l’Union européenne ? A t’il réalisé l’ampleur de la catastrophe à venir pour nos territoires ruraux s’ils devaient voir disparaître encore plus de familles, qui sont elles le véritable poumon économique de nos campagnes devant le recul de l’implantation industrielle.

Ce n’est pas par opportunisme que j’ai dénoncé au fil de mes marches citoyennes le péril en cours pour nos agriculteurs, aujourd’hui, chacun sait que plus d’un agriculteur se suicide tous les deux jours en France. Ma victoire est ici, dans la connaissance par le plus grand nombre de ce chiffre, pas dans mon autosatisfaction et l’entretien démesuré de mon égo…

Quelle a pu être ma déception lorsque j’ai eu pour réponse de mon député qu’il serait difficile pour les pouvoirs publics d’agir, que ces mêmes agriculteurs ne devaient leurs nombreuses difficultés qu’à eux même, à leurs incapacités à s’adapter aux évolutions de leur métier… Tant et tant encore à dire à ce sujet…

Ce même parlementaire se dit être le champion dans la promotion de solution innovante pour lutter contre la désertification médicale. Après sa présidence d’une commission d’enquête sur l’égal accès aux soins, quelles sont les avancements et retombées pour ses administrés ?

Tant d’errances, tant d’inconstance me pousse aujourd’hui à m’interroger sur sa capacité réelle à défendre les intérêts d’un territoire rural aujourd’hui en réel danger face aux agressions économiques et climatiques… Son vote récent pour le CETA n’est pas fait pour nous rassurer…

Quelle sera sa position au moment du vote du MERCOSUR ?

 

Patrick Maurin, Édouard Bergeon, et Myriam Zemour présentrant le film Au nom de la Terre

Au nom de la terre, retour sur une avant première.

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Au nom de la terre force l’émotion

Au terme du générique du film Au nom de la terre d’Édouard Bergeon, comment s’empêcher de laisser apparaître son émotion face à l’intensité du drame qui vient de se jouer devant le grand écran ?
Au nom de la terre sonne juste, il ébranle et interpelle.
Il fait sien des difficultés que va connaître la France agricole après les fastes des 30 glorieuses.
Le film retrace la vie d’une famille solidement attachée avec la terre, qui fait corps avec elle, à la vie, à la mort.
Lorsqu’elle découvre des instants de bonheur, la caméra n’ose pas pénétrer l’intimité de ses membres, réunies au moment de la célébration de Noël, préférant s’attarder derrière les fenêtres de la joyeuse maison.
Mais dans cette exploitation, comme dans de nombreuses autres, il s’y joue aussi des drames, toujours plus nombreux, toujours plus violents. La réalisation se veut alors plus tendue, toujours sur le fil du rasoir, rendant l’action encore plus angoissante.
Les acteurs sont fabuleux, appliqués et chacun impliqués dans leurs rôles.
Guillaume Canet ne triche pas, il est bouleversant dans son interprétation, droits dans ses bottes, ces mêmes bottes que chaussaient Christian, le père du réalisateur, dont l’histoire tragique a directement inspirée le film…

Au nom de la terre a déjà trouvé son public

Je remercie le nombreux public qui a répondu présent pour cette avant première, Karoll PETIT et Carole Peru , qui n’ont pas hésité une seule seconde à faire toutes ces centaines de kilomètres pour assister à la projection, ici, à Marmande, , mon ami et confidente Béatrice Gurrey, journaliste et grand reporter pour le Monde, les députés #SachaHoulie ( Vienne) vice président a l’assemblée nationale et Freschi Alexandre (Lot et Garonne) pour leur soutien amical, #DanielBenquet Maire de Marmande, la ville de Marmande pour son implication, dans l’événement, le Cinéma Le Plaza et sa directrice Myriam Zemour, sans qui cette soirée n’aurai jamais pu avoir lieu.
Et enfin, Edouard Bergeon, le réalisateur de cette œuvre qui fera forcément date. Je l’avais rencontré cet hiver dans les allées du salon de l’agriculture. Il s’était alors engagé à venir à Marmande pour y présenter son film…
Edouard est un homme de parole.
#rufus @diaphana #aunomdelaterrelefilm #cinema #film #paysan #agriculture #nordouestfilms

Au nom de la terre

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Avant Première au Cinéma Le Plaza en présence du réalisateur @edouardbergeonofficiel le 4 juillet 2019.

Tourné avec un sens aigu du détail pour que chaque agriculteur se reconnaisse dans cette histoire, Au nom de la Terre raconte la vie de Pierre, qui après avoir racheté la ferme de son père, va être peu à peu confronté à l’accumulation des dettes, à l’épuisement. Il finira par sombrer peu à peu, malgré l’amour et le soutien de sa femme et ses enfants.
A l’écran, @guillaumecanetofficiel et Rufus portent cette histoire, sous la forme d’une saga familiale qui se déroule sur 3 générations et près de 40 ans
Quel avenir pour l’agriculture ? Comment vivre correctement de son métier ? Edouard Bergeon pose ses questions dans son film inspiré par sa propre histoire.
J’ai rencontré Édouard lors de ma venue au salon de l’agriculture en ce début d’année, et je le remercie chaleureusement pour avoir choisi la Ville de Marmande pour présenter son film en avant première.
Après la projection, un échange avec le public aura lieu, l’occasion pour vous de poser vos questions au réalisateur.

Il faut passer le cap des discours

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En privilégiant le circuit court et la vente directe à la ferme, Yannick Queguiner sait qu’il ne fera pas fortune avec son élevage de vaches normandes, mais il peut espérer maintenant vivre de sa passion suite à sa récente reconversion.

Il permet aussi aux consommateurs intéressés de réaliser des économies non négligeables tout en offrant des produits de qualité bien supérieure à ceux que l’on peut trouver dans la grande distribution.

Ne laissons pas le poids de la responsabilité de notre échec à accompagner nos agriculteurs dans la voie nécessaire de la modernisation sur les anciens gouvernements.
Attachons nous plutôt à trouver les nouvelles options qui permettront à ceux qui sont restés sur le bord du chemin à retrouver leur fierté d’exercer ce beau métier qui est celui de paysan.

Pour ce faire, nous devrons aussi tenir compte des exigences environnementales, que l’on ne peut plus comme naguère cacher sous le paillasson de l’ignorance.
Inspirons nous de tous ces formidables exemples de réussite en généralisant ce qui a déjà fait ses preuves.
Continuons à innover pour que notre agriculture retrouve ses lettres de noblesse en l’inscrivant dans le monde de demain.

Source : Public Sénat.
Intégralité de la vidéo : https://www.publicsenat.fr/…/avec-sonia-de-la-provote-138174

Retour en vidéos sur ma dernière marche citoyenne

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3 mois après ma marche citoyenne hivernale, l’heure est au bilan.
14 jours de marche depuis Le Touquet jusqu’à Paris où, à travers de si belles rencontres, j’ai pu alerter jusqu’au plus haut niveau de L’État sur la détresse dans le monde agricole.
Mon message a été entendu, et je prépare actuellement ma participation à l’élaboration d’une proposition de loi, conformément à l’engagement pris avec le Président de la République.
A venir : un nouvel événement en septembre pour faire plus fort encore avec pour le seul objectif de mettre un terme au mal qui touche tous ces agriculteurs en difficulté.

Manifestation d'agriculteurs

Constat terrible…

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Depuis des années, nous entendons dire que l’agriculture française est en crise. Les médias relayent régulièrement cette information, les gouvernements se succèdent en jurant haut et fort vouloir s’emparer de ce sujet préoccupant, et pourtant aujourd’hui encore, nous devons faire face à ce terrible constat : Près d’un agriculteur sur 2 gagne moins de 350 euros par mois.

Le revenu médian de cette profession n’excède guère 1000 euros par mois, soit moins que le salaire minimum de croissance.
Dans des cas extrêmes, un agriculteur ne peut espérer se verser plus de 100 euros par mois.
Alors, beaucoup d’entre eux doivent compter sur leur conjoint salarié à l’extérieur de l’exploitation pour continuer à exister.
Lorsque la météo ne s’en mêle pas, la baisse du prix des matières premières peut rapidement plonger les comptes dans le rouge.
Les catégories de producteurs les plus préoccupantes aujourd’hui sont les éleveurs bovins et laitiers.
Pire encore, les céréaliers que l’on pensait pourtant mieux protégé avouent s’inquiéter pour leur avenir. En moyenne, ils auraient ainsi perdu près de 50000 euros de revenu par an…
Le constat n’en est que plus amer.

Revoir la PAC pour une meilleur redistribution des aides européennes.

Une des thématiques essentielles de la campagne européenne à venir doit être évidemment celle de la PAC, envisagée dans sa version post 2020.
Premier constat, celui d’une meilleure répartition des aides européennes.
Aujourd’hui, celle ci s’opère en fonction de la superficie des exploitations. Or dans un souci d’équité, elle devrait l’être au regard des revenus de l’agriculteur.
Ainsi, elle deviendrait une véritable variable d’ajustement pour une juste rémunération des producteurs.
Alors que la France figure parmi les pays bénéficiant le plus des aides européennes, nombre d’agriculteurs demeurent de nos jours fortement dépendants de celles-ci pour maintenir à flot leur exploitation.

Le constat d’un nécessaire développement des circuits-courts

Une autre piste pour assurer un meilleur revenu aux agriculteurs est la valorisation des circuits courts.
Ils ne représentent actuellement au mieux que 5 à 10% de la consommation française.

Le fait d’accroître cette bonne pratique est un levier idéal pour réconcilier ces deux parties que l’on cherche pourtant à opposer. D’un coté, les consommateurs, d’un coté, soucieux de maîtriser leur budget tout en cherchant à privilégier la qualité des produits. De l’autre, les agriculteurs, trop souvent victimes d’un agribashing des plus virulent ces derniers temps.

  • Les circuits-courts permettent de réduire considérablement le kilométrage alimentaire. On entend ici la moyenne parcourue par les aliments entre le champ du producteur et l’assiette du consommateur.
  • Ils contribuent au rayonnement d’un territoire, en portant à la connaissance du consommateur la richesse et la diversité des produits de sa région.
  • Ils bénéficient aussi au développement local. En apportant une partie des besoins alimentaires, ils sécurisent les approvisionnements et l’économie locale du territoire, en particulier de zones rurales défavorisées.
  • Enfin, en réduisant le nombre d’intermédiaires, ils assurent aux agriculteurs de vendre leur production à un juste prix, tout en offrant au consommateur final une économie non négligeable.

Il y a urgence à assurer un train de vie correct à tous ces agriculteurs, courageux fils de la terre, qui ne comptent pas leurs heures pour simplement nous nourrir.

Cet article est le premier d’une série visant à présenter mes propositions visant à permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur travail et renforcer les actions de prévention du suicide agricole. Il tient compte des premières remontées d’informations issues de ma consultation actuellement en cours.

Parcours de la nouvelle marche citoyenne de Patrick Maurin

Ma nouvelle marche en étapes

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Les étapes sont définies, et il ne reste plus que quelque jours avant le départ de ma marche citoyenne…

Les mairies hôtes du parcours ont été prévenues, la communication auprès des médias s’organise.

Je partage avec vous les 14 étapes de ma marche hivernale qui me conduiront du Touquet au salon de l’agriculture pour son inauguration.

Peut être connaissez vous dans votre entourage un ami agriculteur qui pourrait m’héberger et partager avec moi votre ressenti sur votre métier ?

Je lance également une invitation à se joindre massivement à moi entre le 10 et le 23 Février pour donner un maximum de visibilité à ce mal être qui ronge nos campagnes.

Des décisions sont prises pour y apporter des solutions, mais les premières réponses à ma consultation en cours sont pourtant sans appel, et le constat lourd de sens : beaucoup trop d’agriculteurs souffrent encore et peinent à vivre de leur métier, de leur passion. Pire encore, beaucoup trop d’entre vous confirment le pourquoi de ma précédente marche : le suicide est bel et bien ce terrible fléau qui frappe cette profession.

Bientôt, une carte des suicides sera mise en plus sur mon site pour illustrer cette sombre réalité.

Si les chiffres ne suffisent pas, le choc d’une image s’impose alors : celle des ravages d’une Faucheuse, qui, naguère outil symbole d’un agriculteur sans qui un pays ne pouvait se nourrir, s’est muée en un funeste compteur sur lequel on veut désormais fermer les yeux.

Patrick Maurin, plus déterminé que jamais.

Lien vers les étapes de ma marche : Mon parcours

Lien vers ma consultation : Consultation en cours